lundi 9 octobre 2017

Rural-urbain : les contrats de réciprocité.

Développement des territoires - Le premier contrat de réciprocité ville-campagne signé en Bretagne.


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Le ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales a signé le premier contrat de réciprocité ville-campagne, le 4 novembre 2016 dans le Finistère. Trois thématiques caractérisent le contrat de réciprocité entre la métropole de Brest et le Pays du Centre-Ouest Bretagne : le développement économique et l'insertion, l'énergie et l'environnement, la santé, la culture et les services. En 2017, le ministre a décidé d'"aller plus loin" en instaurant de "véritables contrats de ruralités".
"Aujourd'hui, Plonévez-du-Faou est au cœur de l'innovation en matière d'organisation territoriale, car c'est dans cette commune que se forgent les nouveaux partenariats de l'action publique locale, à travers le premier contrat de réciprocité de France qui lie désormais Brest Métropole et le Pays du Centre-Ouest Bretagne (COB)." Le 4 novembre 2016, dans le Finistère, Jean-Michel Baylet, ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, a signé le premier contrat de réciprocité ville-campagne. Lancés lors du comité interministériel aux ruralités (CIR) du 13 mars 2015, ces contrats consistent à mettre en place une coopération entre des espaces ruraux, périurbains et urbains pour favoriser le développement d'interactions. Après une phase d'expérimentation engagée par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) dans cinq communes et intercommunalités*, une extension du dispositif sera proposée dans d'autres territoires volontaires, dans le cadre de la clause de revoyure des contrats de plan Etat-région 2015-2020, fin 2016.
Depuis le début de l'année 2016, la métropole de Brest et le Pays du COB ont mis en place des groupes de travail sous l'égide d'un comité de pilotage sur trois thématiques : le développement économique et l'insertion, l'énergie et l'environnement, la santé, la culture et les services. L'objectif de ces groupes de travail était de recenser les actions et interactions formalisées ou informelles, entre le Pays COB et Brest Métropole où les acteurs territoriaux sont facilement identifiables, d'accroître et d'améliorer ces échanges. Une deuxième série d'ateliers réunissant plus d'une quarantaine d'acteurs des deux territoires concernés s'est déroulée le 15 mars 2016 dans la commune de Motreff. Cette nouvelle rencontre a permis d'approfondir les pistes identifiées de partenariats possibles entre les deux territoires. Plusieurs projets ont ainsi émergé comme un partenariat entre les Fêtes maritimes de Brest et les Vieilles Charrues à Carhaix, une coopération sur l'énergie avec approvisionnement en bois des entreprises de la filière bois du COB, etc. Plusieurs autres échanges thématiques de ce genre ont eu lieu dans les mois suivants afin de définir les priorités d'actions pouvant être étudiées ou approfondies à court terme. Le 14 juin a eu lieu le dernier comité de suivi du contrat de réciprocité Ville/Campagne (CRVC), en présence du préfet de région et des présidents de Brest Métropole et du Pays du COB, afin de faire un point d'étape sur les projets identifiés mais aussi de confirmer l'engagement des différents partenaires à soutenir la démarche dans la durée. "C'est ce processus qui aboutit à la signature du contrat de réciprocité ville-campagne entre Brest Métropole et le Pays Ouest Bretagne", précise le ministère.

"Qualité et variété des actions"

Jean-Michel Baylet s'est déclaré "agréablement surpris par la qualité et la variété des actions" engagées dans la cadre de ce contrat. Deux ont plus particulièrement retenu son attention : celle concernant le soutien à l'export de poudre de lait vers la Chine, via le port de Brest qui "montre que le Centre-Ouest Bretagne peut tirer profit de la mondialisation pour trouver de nouveaux débouchés à sa production agricole", et les actions de coopération en matière musicale, entre les écoles de musique, les festivals du pays et le conservatoire de Brest. Ce premier contrat de réciprocité ville-campagne "a directement inspiré les contrats de coopération métropolitaine qui figureront dans les pactes que l'Etat va bientôt conclure avec chacune des 15 métropoles", a ajouté Jean-Michel Baylet. Ces documents pourront aborder des sujets tels l'alimentation, les mobilités, les flux énergétiques, l'attractivité ou le développement économique.
En 2017, le ministre a décidé d'"aller plus loin" en instaurant de "véritables contrats de ruralités" qui "mobiliseront et mettront en cohérence les politiques menées par l'Etat et les différents niveaux de collectivités". Ils déclineront les mesures des comités interministériels aux ruralités (CIR) et devraient permettre d'aller plus loin en fonction du contexte local. Ils bénéficieront de financement dédiés, "à hauteur de 216 millions d'euros", a précisé Jean-Michel Baylet. Sur le territoire du Finistère, "4,1 millions d'euros seront ainsi consacrés au financement des contrats de ruralité". A cette somme, "s'ajoutera une fraction des 3,5 millions d'euros que l'Etat et la région Bretagne ont convenu de réserver pour financer ensemble une politique de soutien aux petites villes", a ajouté le ministre. Cela a été scellé dans la revoyure du contrat de plan, que le Premier ministre est venu signer il y a un mois à Lorient. Dans la durée, a poursuivi le ministre, "ce sont 28 millions d'euros que l'Etat et la région mettront au service de la redynamisation des petites villes et des îles, les cinq prochaines années". Ce plan doit notamment soutenir la revitalisation commerciale des centres-ville, "un sujet de première importance pour la vie locale".
Valérie Grasset-Morel

* Brest Métropole et le pays Centre-Ouest Bretagne (COB), la métropole de Lyon et Aurillac, la métropole de Toulouse et du Massif des Pyrénées, la communauté urbaine de Le Creusot et de Montceau-les-Mines et le parc naturel régional (PNR) du Morvan.
Les grands axes de partenariat
L'économie et l'insertion 
- Développer l'export de la production agro-alimentaire du COB grâce aux infrastructures de transport portuaire brestoises.
- Promouvoir conjointement les destinations touristiques et les grandes manifestations culturelles.
- Valoriser des filières alimentaires de proximité.
- Organiser des échanges de pratiques autour des dispositifs de soutien à l'entreprenariat, des dispositifs d'insertion et des dispositifs d'accompagnement des usages du numérique.
La santé, la culture et les services
- Le pays du Centre-Ouest Bretagne peine à maintenir un accès aux soins de qualité pour ses habitants. Le premier enjeu de partenariat entre les territoires est donc de conforter l'accès aux soins pour les habitants du Pays du COB tout en confortant le niveau d'activité des équipements brestois (centre hospitalier régional universitaire, écoles et formations universitaires dans le domaine de la santé…).
- Dans le domaine culturel, les deux territoires présentent une richesse de création qui sera valorisée dans le cadre d'échanges et de collaborations.
Pour mobiliser la jeunesse, les deux territoires entendent structurer et développer le travail partenarial, consolider et renforcer l'accompagnement des jeunes, soutenir l'émergence de leurs projets et les amener à découvrir les deux territoires.
L'énergie et l'environnement 
Les deux territoires de Brest Métropole et du Pays du COB sont labellisés "territoires à énergie positive et pour la croissance verte". Des pistes de coopération ont été identifiées autour de l'organisation d'un débouché sur le territoire de Brest Métropole pour la filière bois-énergie en cours de structuration dans le Pays du COB, et du partage avec le Pays du COB de l'ingénierie déployée par Brest Métropole et Energence dans les domaines de la performance énergétique de l'éclairage public et de la plate-forme d'accompagnement à la rénovation énergétique du bâti. Les modalités d'exercice de la compétence eau et assainissement par les EPCI sont également identifiées comme un sujet potentiel d'échanges.

Développement local - Bientôt un premier contrat de réciprocité ville-campagne

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Lancés en mars 2015, les contrats de réciprocité ville-campagne doivent permettre une meilleure coopération entre les espaces urbains et ruraux. Deux territoires, Brest métropole et le pays Centre-Ouest Bretagne, sont en passe de signer leur premier contrat. Trois autres groupes de territoires font partie de cette expérimentation qui pourra être élargie à d'autres territoires volontaires fin 2016.
D'ici la fin de l'année 2016, le contrat de réciprocité ville-campagne entre Brest métropole et le pays Centre-Ouest Bretagne (COB) devrait être signé. Aux côtés de la métropole de Lyon et Aurillac, de la métropole de Toulouse et du Massif des Pyrénées, et de la communauté urbaine de Le Creusot et de Montceau-les-Mines et le parc naturel régional (PNR) du Morvan, les deux font partie des territoires choisis par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) pour expérimenter ces nouveaux contrats entre des communes et des intercommunalités volontaires. Correspondant à une des 48 mesures lancées lors du comité interministériel aux ruralités (CIR) du 13 mars 2015, ces contrats consistent à mettre en place une coopération entre des espaces ruraux, périurbains et urbains pour favoriser le développement d'interactions. Après cette phase d'expérimentation, une extension du dispositif à d'autres territoires volontaires sera proposée dans le cadre de la clause de revoyure des contrats de plan Etat-région 2015-2020 fin 2016.

Trois thématiques, cinquante représentants territoriaux

Pour Brest, les choses ont déjà bien avancé. L'agence d'urbanisme Adeupa Brest Bretagne a été chargée d'accompagner les territoires dans la démarche, réalisant un premier diagnostic des forces et faiblesses de chacun. Des pistes de coopération ont été identifiées par Brest métropole et le pays COB, aboutissant à un protocole de coopération territoriale dans la perspective d'un contrat de réciprocité, approuvé par les instances de chaque territoire le 14 décembre 2015. "Tout est allé très vite, car il y avait déjà une coopération entre les deux territoires et un consensus réel entre les élus", explique Frédérique Bonnard Le Floch, vice-présidente de Brest métropole en charge des politiques européennes et contractuelles. Des groupes de travail ont été mis en place autour de trois thèmes : le développement économique et l'insertion, la santé, la culture et les services, et l'énergie et l'environnement. "Ces groupes ont réuni cinquante représentants territoriaux, détaille la vice-présidente, et ils ont aussi ressenti le besoin de nouer des rencontres particulières entre organismes, collectivités… Des rendez-vous en face à face entre les différents acteurs pour en savoir plus sur ce que faisaient les uns et les autres. Cela a abouti à un dialogue d'une richesse époustouflante, avec une connaissance et une reconnaissance mutuelle, et l'identification de premiers enjeux de coopération."

Une nouvelle entente territoriale qui perdurera

Parmi les projets qui ont été identifiés dans le cadre de cette coopération : l'organisation via le port de Brest de l'exportation vers la Chine de poudre de lait à Carhaix, la promotion commune des Fêtes maritimes de Brest et du festival des Vieilles Charrues (représentation croisée des événements sur les sites, manifestations faisant le lien entre les deux,…), un partage d'expérience sur la promotion des filières d'alimentation locale via la commande publique et le développement d'une plateforme internet, ou encore l'organisation d'un débouché sur le territoire de Brest métropole pour la filière bois-énergie en cours de structuration dans le pays COB. "Ces projets, dont la plupart existent déjà, sont de nature très variée ; il s'agit de les rendre visibles et de s'engager à les soutenir," détaille Frédérique Bonnard Le Floch, qui précise qu'il "n'y a pas d'argent à la clé", l'idée étant que chaque partenaire donne la priorité à ces projets dans ses propres dispositifs de financement. "Les projets peuvent bénéficier d'une ingénierie supplémentaire, explique la vice-présidente, chaque partenaire s'engageant à faire quelque chose."
La démarche doit aussi s'articuler avec les autres dispositifs en vigueur, comme le fonds de soutien à l'investissement local. "Il y a effectivement une multiplication des sources de financement et une inflation administrative, mais malgré ce niveau de complexité, cela vaut le coup, assure Frédérique Bonnard Le Floch. Cela nous permet d'affirmer un destin commun à travers une nouvelle entente territoriale. Si demain le contrat n'existe plus, l'entente restera."
     

Rapport automne 2017 sur l'intercommunalité.

Convention nationale de l'ADCF - La cohésion des territoires : une "urgence" sans direction

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Devant les présidents d’intercommunalité et de métropole, le Premier ministre, Edouard Philippe, a assuré, le 6 octobre, que la cohésion des territoires constituait un "chantier urgent". Mais les déclarations du ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, la veille, n’ont pas permis d’y voir plus clair. Tout juste a-t-il loué les nouvelles formes d’"alliances", comme les contrats de réciprocité. Des élus de métropoles se montrent volontaires, à l’instar de la présidente de Nantes Métropole Johanna Rolland pour qui "l’alliance des territoires" et la "complémentarité" sont des réalités concrètes.
"En une décennie, le thème des fractures territoriales, de la France périphérique, s’est imposé dans le débat politique et c’était nécessaire", a pu constater le Premier ministre, Edouard Philippe, vendredi 6 octobre, devant les élus des intercommunalités et métropoles réunis à Nantes. "Notre pays a un immense besoin de lien. Notre pays a un immense besoin de cohésion", a-t-il dit, lors de la 28e convention nationale de l’ADCF (Assemblée des communautés de France), soulignant "l’urgence de ce chantier". La situation espagnole, de même que les velléités des Républicains de préempter ce terrain depuis quelques semaines ne sont sans doute pas pour rien dans ce constat. C'était aussi le thème de ces rencontres : "Les défis des solidarités villes -campagnes".

Des intercommunalités arrivées à "maturité"

Edouard Philippe a voulu casser le "récit en chiens de faïence" entre les territoires qui prospèrent et ceux qui sont à la peine, entre les ruraux et les urbains. Visions "trop classiques", "trop simplificatrices". Il s’est pris à souhaiter "un monde où l’on parlerait moins de fractures territoriales" et "plus de solidarité et d’équilibre". Treize ans après le rapport Blanc qui a abouti à la "compétitivité des territoires", inspirée des théories du management, le réveil est douloureux qui s’est fortement traduit dans les urnes lors de l’élection présidentielle. Et le gouvernement se trouve aujourd’hui face à "un immense défi", a dit le Premier ministre, celui de "restaurer la confiance dans l’action publique". De ce point de vue, son entrée en matière n’est pas vraiment une réussite, après l’"été meurtrier" qu’ont notamment dénoncé les maires ruraux. La Conférence nationale de territoires sera l’instance qui va permettre à l’Etat et aux collectivités de discuter "de toute une série de sujets qui vont nous concerner dans les années qui viennent", a promis le chef du gouvernement. C’est aussi un "risque". "Il faut favoriser l’exercice d’une décentralisation assumée, agile, intelligente", a-t-il insisté. L’accuser de vouloir recentraliser "n’a pas de sens", a-t-il assuré, louant le "temps de la maturité des intercommunalités" qui constituent la "maille territoriale qui permet de construire les politiques publiques à la bonne échelle". Des intercommunalités qui sont désormais 1.266.
Mais sur le terrain, les élus constatent surtout, impuissants, la fin des contrats aidés, la baisse des APL et des loyers des bailleurs sociaux, les nouvelles économies demandées… Même le pourtant très diplomate nouveau président de l’ADCF, Jean-Luc Rigaut, a dû convenir que les élus avaient "encore un peu de mal à y croire", demandant de la "lisibilité", de la "visibilité", alors que le message des 13 milliards d’euros d’économie "n’est pas du tout passé". Comme sa ministre Jacqueline Gourault la veille (voir ci-dessous notre article du 5 octobre), le Premier ministre s’est fait fort de pédagogie : "Notre objectif est de faire en sorte que sur l’ensemble du quinquennat, l’augmentation de la dépense publique locale soit maîtrisée", a-t-il dit, jugeant ses mesures "plus compliquées" mais aussi "plus intelligentes" qu’une baisse de dotations.

Alliance des territoires

Quant à la politique de cohésion des territoires, le ministre Jacques Mézard a été bien en peine de la détailler. L’Agence nationale de la cohésion des territoires ? On n’en sait pas plus sur sa mise en œuvre, après son intervention, le 5 octobre. "Il ne s’agit aucunement de multiplier à ce que font les départements et les intercommunalités" et "en aucun cas de créer une nouvelle usine à gaz", mais d’apporter un "soutien là où il y a des besoins". Voilà pour les explications. L’avant-veille, le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Dominique Bussereau, avait usé de la verve gaullienne, devant la commission des finances de l’Assemblée, pour disqualifier ce "machin" qui "ne servira à rien". Il se susurre même que ses services pourraient être payants… ce qui serait un comble.
Pour Jacques Mézard, "la cohésion renvoie à la notion d’alliance des territoires", à de "nouvelles formes de relations". Et de citer les deux contrats de réciprocité de Toulouse et Brest. "Il y a là un champ d’action d’alliance entre territoires qu’il convient de développer et de faire fructifier", a-t-il. Selon lui, "l’égoïsme métropolitain n’est ni une réalité, ni une volonté politique".
En tout cas, certains élus métropolitains semblent vouloir jouer le jeu de cette cohésion. C’est le cas de la présidente de Nantes Métropole, Johanna Rolland, qui a elle aussi insisté sur la notion d’"alliance des territoires". "Les métropoles ne peuvent pas être des formes d’îles sans lien avec leur environnement, sans réciprocité, sans complémentarité", a-t-elle martelé. Ce qui s’est déjà traduit par de nombreuses actions : le pôle métropolitain Nantes Saint-Nazaire, le pôle Loire-Bretagne. Et d’évoquer aussi son projet alimentaire territorial qui sera effectif "fin 2018".
Pourtant Caroline Cayeux, présidente de la communauté du Beauvaisis et de Villes de France, a mis en garde contre le "véritable danger que les métropoles, malgré elles, continuent de drainer les richesses et centralisent un certain nombre de pouvoir".
L’ancien président de l’ADCF Charles-Eric Lemaignen a adressé une requête au gouvernement : l’arrêt de la pratique des appels à projets. Car "ceux qui répondent sont ceux qui ont l’argent et l’ingénierie". Jacques Mézard a semblé du même avis face aux journalistes, reconnaissant qu’ils ne mettaient "pas les collectivités sur un pied d’égalité". Le signal serait fort. On verra si le grand plan d'investissement s'y pliera.

lundi 17 juillet 2017

Quinquennat Emmanuel Macron : premier bilan à trois mois, par Respublica.

Quinquennat Emmanuel Macron : premier bilan à trois mois, par Res Publicae.

Chaque trimestre, je publierai sur ce blog, un bilan des mesures mises en place par le gouvernement ainsi que des nouvelles réformes adoptées par le Parlement. L’occasion de comparer l’évolution du « politique à la française », au projet Res Publicae (mon mouvement citoyen crée en 2009), et notamment le projet de nouvelle constitution que j’ai élaboré.
Noura Mebtouche.




Evoquons d’abord le projet constitutionnel rédigé à l’aune de mes observations de la vie politique , économique et sociale française, sur le terrain, ainsi qu’à travers des lectures de spécialistes, essayistes, constitutionnalistes, juristes, historiens…


Pour un projet de constitution : l’histoire.
Bien entendu ce dernier n’est pas encore publié, l’aventure a commencé en 2009, mais déjà dans ce blog, de nombreux de mes articles donnent un aperçu des idées développées dans ce travail qui se décline en deux parties : une partie Constitution avec ses articles, une partie commentaires, cette deuxième est très longue et mérite relecture par des spécialistes (la première aussi). Mais l’une ne va pas sans l’autre et on ne peut pas se passer de la deuxième pour comprendre certaines mesures ou idées.

J’ai commencé, comme cela, pour voir ce que cela donnait, et aussi par passion pour le droit constitutionnel et ses dérivés, par établir une critique de la constitution de la cinquième république. Dieu sait si d‘éminents spécialistes ont su apporter leur grain de sel, et eux aussi mener une analyse approfondie de notre constitution mythique par son histoire mais aussi, il faut bien, au-delà de toutes les critiques, le reconnaitre, particulièrement vouée à favoriser un certain équilibre.
Mais les déséquilibres justement intervenus lors de nos trois dernières présidences, avec leur lot de fausses interprétations délibérément mises en avant avec mauvaise foi pour tromper les citoyens et leur lot de « fausses révisions » dont le but était de démanteler le cœur même de l’appareil d’Etat afin de le mettre au services d’autres Causes moins républicaines, en ont mis en évidence les failles, mettant en avant l’idée possible d’une nouvelle constitution qui deviendrait plus appropriée à nos temps contemporains.
C’est donc, contente de pouvoir m’exprimer à ce sujet et quelque peu indignée par les agissements précédemment cités (du même acabit que les attaques spéculatives sur le franc français en 1984), que j’ai entamé cette critique, bien entendu loin derrière, en qualité, à celle de nos constitutionnalistes et juristes spécialisés, mais ce fut néanmoins, un élan qui partit du cœur.
Le processus qui m’a mené à écrire une constitution toute seule, est ensuite allé de soi : après la critique de l’existant, il fallait être constructif, aussi ai-je imaginé de quelle manière notre constitution pourrait s’améliorer, car il me semblait qu’elle rendait l’individu et ses droits encore trop marginaux car placés uniquement dans un préambule dont la moitié avait été constitutionnalisé sur le tard (1971).
Or, et tous nos intellectuels vont dans ce sens (Norbert Elias, « la société des individus », (sauf les faux intellectuels qui continuent à prôner un communautarisme de bas étage), nous sommes à la fois dans un siècle qui est celui de la spiritualité mais aussi de l’individu, il fallait donc faire une première partie consacrée à ce dernier et à ce bien-être, pour garantir cette spiritualité recherchée, (il a dit, on fait), d’où l’émergence de nouveaux droits en plus des déclarations « classiques » (1789 et 1946), d’où également, parmi ces nouvelles déclarations de droits (dont le « droit du corps », pas d’individu sans corps), la « charte des droits économiques et sociaux » qui relève à la fois de l’économie territoriale et des nouvelles règles de base en matière de régulation financière et de libre entreprise (vraie concurrence).
Cette dernière laisse aussi une large part au rôle social et éthique de l’entreprise considérée comme une personne (n’a-t-elle pas la personnalité morale), et à son rôle social, imputant une responsabilité sur les biens communs dont fait partie le bien être des individus au même titre que l’environnement ou le paysage.
La deuxième partie de mon futur projet allait justement être, celui normal, de l’organisation des pouvoirs publics avec, un nouveau mode d’élection présidentielle, un parlement devenu une assemblée unique le Sénat mais plus efficace avec moins de députés ou sénateurs, et puis, clé de voûte de nouvel équilibre entre les pouvoirs une distinction approfondie entre exécutif et législatif, inaugurant une séparation stricte des pouvoirs afin que aucun ne déborde sur les autres mais tempérant cette rigidité par une coopération étroite entre instances issues des trois pouvoirs mais aussi entre grands corps de l’Etat, aussi bien sur le plan national que local ?
Ce brassage ressemblait fort à ce que Marcel Gauchet exprime dans son dernier (et excellent ) ouvrage : « le malheur français », lorsqu’il décrit l’ingéniosité du plan De Gaulle (notamment en matière de fonctionnement du commissariat au plan où on brasse les compétences et les milieux, et dans son adhésion à la participation dans l’entreprise), (p. 93 à 109) , jamais appliqué car court-circuité à temps (échec du référendum de 1969) pour que Georges Pompidou, banquier chez Rotschild, puisse prendre le pouvoir afin de représenter des intérêts certainement jugés plus élevés que ceux des citoyens de la République.
La troisième partie sur le territoire allait de soi après toutes les lois d’amélioration, de modernisation de la décentralisation (avec parmi ces dernières des remises en cause à venir après expérience), celle-ci va dans le sens d’une troisième vague : celle de décentralisation perfectionnée. Les territoires prennent toute la place qui leur revient grâce à cette troisième partie.
Même chose pour les Unions (quatrième partie) : celle à réaménager selon moi de l’Europe et puis celle de la Méditerranée, la grande oubliée des dernières décennies qui est pourtant la clé du bon fonctionnement de tout le reste.
On en arrive à la cinquième partie consacrée toute entièrement à la Paix dans le monde, non pas que la France cherche à se vouloir au-dessus des autres Etats même si il faut bien le reconnaitre, elle a par le passé largement cherché à s’accaparer cette mission délicate  la définissant comme étant de nature « divine », (Colette Beaune, « Histoire de la Nation France »),  (mais encore une fois dévoyée de sa véritable essence par la mauvaise foi toujours dans le sens des puissants, c’est la source du problème français par exemple avec les Croisades).
Celle-ci, cette mission humaniste de paix,  est la clé de voute du projet pour la France sur les trente ans à venir, elle met en œuvre de manière concrète le sens réel que prend l’existence de nos services diplomatiques, mais aussi économiques, militaires, d’éducation, de santé et de citoyenneté.

Restait à comparer ce qui se fait en vrai concrètement dans la vie politique française à cet idéal d’action pragmatique éclairée par la bienveillance qui est le sens de toute politique bien menée qui est naturel chez les femmes, plus difficile à acquérir chez les hommes car acquise par l'éducation (vive les femmes en politique), et à la confronter au réel et à l’actualité comme je l’ai toujours fait depuis Nicolas Sarkozy, en témoigne ce blog et les autres blog de Res Publicae.
Et à l’aune de ce qu’il se passe sous le quinquennat Emmanuel Macron, malgré les critiques en tous genres, il semblerait que les choses prennent le bon sens.
Après tout l’idéal républicain est l’une des arêtes du haut du triangle d’or ornant la DDHC de 1789 avec à sa droite en bas, l’Etat, notre outil de travail à tous, et en bas à gauche, la Nation, fils spirituel enfanté par ceux qui ont imposé leur façon de faire fonctionner l’Etat desquels naîtra un jour la République, cette entité non finie, qui ne dépend que de nos actes concrets.

Je n’ai rien contre Rotschild mais à condition que ce dernier et ses partenaires de travail servent aussi les intérêts de la République et par extension de la Nation qui tend vers la première, avec tous les citoyens qui la composent.
Pour en revenir à Emmanuel Macron, au lieu de nous lamenter en restant au fond du lit, nous devrions prendre la mesure de tout ce que représente la fonction présidentielle avec son lot de responsabilité et pousser dans le sens du bien et de la bienveillance, afin de susciter en France, cette bulle non spéculative mais pragmatique et visionnaire qui nous a tant manqué depuis que en 1945, l’équipe victorieuse de la Libération prenait les rênes du relèvement du pays.
Sans nul doute c’est bien  la bienveillance qui est la Valeur à mettre en avant, avant sa deuxième : l’action, une valeur souvent rappelée par notre président actuel qui fit ses écoles chez Paul Ricoeur.
C’est ce qui définit selon moi, le pragmatisme éclairé qui doit caractériser aujourd’hui le Politique.
C’est l’absence de bienveillance qui nous a conduit, nous les français, à tous nos échecs en matière d’ascension vers la République dans une optique pérenne, et durable et constructive.
 On a failli, lors de ces dernières élections présidentielles mettre fin à tout espoir de permanence et de continuité dans cette forme de régime, même à cette apparence de République, pour l’image, camouflant corruption et prises illégales de pouvoir et d’intérêt, fragile et ténue république de pacotille mais ayant le mérite, malgré la mauvaise foi, d’entretenir malgré tout l’idée que la République était le meilleur des Régimes avec son pilier : la laïcité.
Notre dernière chance à nous républicains : c’est Emmanuel Macron, affirmation qui semble au premier abord, contradictoire pour une adhérente du parti communiste.
 Mais il n’est pas tout seul, il a avec lui, au-delà de la chose purement parlementaire si bien invitée à Versailles le 7 juillet dernier, l’immense masse des citoyens français, toutes couleurs, croyances, milieu économique ou culturel confondu, sans distinction à caractère ethnique, cultuel, culturel ou de genre, qui tienne.
C’est de cette manière positive qu’il faut voir les choses, même si des mesures comme celles liées à la loi travail ne plaisent pas : on aura toujours le temps, de rediscuter, de remettre en cause de réaménager comme on l’a fait d’ailleurs pour les trente-cinq heures, rien n’est jamais définitif, « tant que ce n’est pas gravé dans le marbre »…pour une reprendre une expression elle aussi utilisée en ce moment à l’Elysée.
C’est donc avec bienveillance que j’épluche les journaux et les chroniques d’actualité

Voici les thèmes que j’ai choisi d’exploiter, récurrentes et d’actualité et d’étudier à l’aune de mon projet de constitution :



1.-La Cour de Justice de la République.  

La question de la suppression de la cour de Justice de la République semble être une idée intéressante dans le sens où elle permet enfin l’indépendance de la Justice, principe fondamental du droit d’être enfin mis en application. Elle permet également d’éviter que la sphère des hautes fonctions de l’Etat reste un cercle fermé avec ses secrets. Nous invitons ici le lecteur à lire les commentaires de la première partie du projet de constitution Respublica (par Noura Mebtouche) où il est question justement de l’indépendance de la justice, et où est commenté chaque principe fondamental des lois de la République. J’y évoque la nécessité d toujours dans le même ordre d’idée de remplacer le conseil d’Etat par d’autres instances séparées exerçant respectivement certaines de ses attributions, afin que cesse l’existence d’une sphère proprement administrative qui règle ses comptes toute seule, souvent de manière maladroite et entretien un esprit qui est contraire à l’esprit républicain de caste et de secret mal à propos.

a. Mais voyons ici ce qu’est la Cour de Justice de la République.

Extrait d'un article de vie publique.fr (sur le net).
"La Cour de justice de la République désigne la juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour les crimes et délits commis dans l’exercice de leur fonction. Elle a été créée par la révision constitutionnelle du 27 juillet 1993.
La Cour de justice de la République peut juger tous les membres du gouvernement, c’est-à-dire le Premier ministre, les ministres et les secrétaires d’État. Elle n’est cependant compétente que pour les actes délictuels ou criminels commis par eux dans l’exercice de leur fonction. Cela signifie que les infractions commises par les membres du gouvernement simplement à l’occasion de l’exercice de leur fonction, et qui n’ont aucun lien direct avec la conduite de la politique de la nation, relèvent des juridictions pénales de droit commun.
La Cour de justice de la République est composée de manière juridico-politique : elle comprend douze parlementaires élus, en leur sein et en nombre égal, par l’Assemblée nationale et le Sénat, et trois magistrats professionnels, dont l’un préside la Cour de justice de la République.
La procédure suivie devant la Cour de justice de la République ressemble pour l’essentiel à celle du tribunal correctionnel. La seule différence importante concerne son mode de saisine : une commission des requêtes, composée de magistrats professionnels, filtre les plaintes individuelles ou les demandes du parquet mettant en cause les membres du gouvernement. Les décisions de la Cour de justice de la République sont seulement susceptibles d’un pourvoi en cassation.
Depuis la création de la Cour de justice de la République, on compte une dizaine de décisions :
– 4 arrêts contre 6 membres du gouvernement, dont la plus marquante concerne l’affaire du « sang contaminé ». L’ancien Premier ministre Laurent Fabius, et les anciens ministres Georgina Dufoix et Edmond Hervé étaient prévenus d’homicides involontaires et d’atteintes involontaires à l’intégrité physique. Seul le troisième sera reconnu coupable – mais dispensé de peine – dans un arrêt du 9 mars 1999. Plus récemment, le 30 avril 2010, la Cour a condamné Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur, à la peine d’un an d’emprisonnement avec sursis pour des faits de recel d’abus de biens sociaux.
– 6 décisions de la commission d’instruction qui a prononcé, en plus des renvois ayant conduit aux arrêts ci-dessus mentionnés, 4 décisions de non-lieu, 1 incompétence et 1 prescription.

b. Si, la Cour de justice de la République disparait, la haute-cour de justice a tout intérêt à rester.
La Cour de justice de la République fonctionnait symboliquement de la manière suivante : un accusé à la place du Christ entouré par 6 élus à droite et 6 à gauche, formant la Cène. Oui mais, voilà la Cène comporte des personnages douteux, elle est vouée à la trahison par un ou plusieurs de ses membres, en face de la Cène, le juge formé de trois magistrats donc représentant la trinité soit le triangle franc-maçonnique avec Père, Fils, Saint-Esprit, ce dernier étant le sommet du triangle, soit le président de ce tribunal d’exception qui jusqu’ici (et pour cause) n’a pas su montrer son intégrité). Au centre de ce fameux triangle : l’œil était dans le tombe et regardait Caïn, les mots sont de Victor-Hugo, un de nos frères, éternel et immortel, lequel, avait déjà deviné que ce dernier, traître et parjure, n’allait avoir de cesse, avant que de ne rendre à la République (1) ce qui lui appartenait (et à César ce qui est à César), que de faire disparaître cet œil scrutateur et limpide qui le rappelle sans discontinuer à son devoir d’être humain, et donc élément de la République.
Cet homme-là, cet usurpateur, faux prophète, prêcheur mauvais, égrenant des paroles frelatées, ce « chien » si bien décrit par Saint-Jean de l’Apocalypse, celui qui est toujours là pour obturer les rouages d’une bicyclette ou d’une machine parfaitement huilée, ce faux « Messie » annonciateur non pas de Temps nouveaux mais d’une suite de catastrophes retentissantes, c’est celui que la Haute-Cour de Justice n’a pas su traiter à la juste mesure des actes commis et de leur gravité. C’est pourquoi sa disparition est symboliquement un élément important et annonciateur de renouveau vers le Bien.
Bien entendu nous ne désignons ici personne, il s’agit d’une personne symbolique, cette figurine de paille que l’on brûle à carnaval depuis le moyen-âge.
Le fait que une Haute Cour de Justice serve de juridiction spéciale pour juger des délits dans le cadre de l’exercice des hautes fonctions au sein de la République : joue symboliquement un rôle important : elle signifie que toutes ces hautes fonctions ont une égale importance, car la République est un tout un et indivisible. Ensuite, elle montre que nous atteignons un palier de civilisation supérieur en abandonnant les mauvais rivages de basse-cour auxquels nous nous sommes peu à peu abandonnés par lassitude, notamment depuis Louis XIV et qui entravent la marche vers la République.
Nous invitons ici le lecteur à s’intéresser à notre article spécifiquement consacré à la Haute-Cour de Justice et à ses spécificités dès que "Pour une nouvelle Constitution" par Noura Mebtouche sera publié.
(1) Dieu et la République, la République et Dieu ? Et si la République était Dieu, n’est-elle pas par ailleurs, représentée par la balance de la Justice ? Tout un poème. A commencer par Platon (La République (Sic), et par son confrère Aristote, il y a nous le croyons ici, matière à aller voir, à fouiller, à mener une investigation, mais qu’est-ce qui distingue les deux République, celle de Platon théorisée, et presque poétisée et celle d’Aristote, qui prône une philosophie de l’action avec son Ethique (le Juste milieu, la modération) et écrit la Constitution d’Athènes ? Il y a ici une tableau comparatif à faire…Pour moi, c’est la deuxième qui doit gagner.


c. Réquisitoire contre la Cour de Justice de la République.
Voir cet extrait du journal le Monde : Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, 25/06/2014 : AU FIL DES ANS, LA COUR A FAIT L'UNANIMITÉ CONTRE ELLE.
« En réalité, au fil des ans, la CJR, créée en catastrophe en 1993 pour répondre au scandale du sang contaminé, a fini par faire l'unanimité contre elle. Au point d'être accusée de faire preuve d'indulgence à l'égard des anciens membres du gouvernement sur lesquels elle enquête, mais aussi de manquer de célérité. Sa composition (trois magistrats de la Cour de Cassation, six députés et six sénateurs élus par leurs pairs), qui fait la part belle aux politiques, attise les soupçons de complaisance.
Par ailleurs, la CJR peut être saisie de dossiers instruits simultanément par des juges de droit commun, ce qui se traduit par l'existence de procédures parallèles, nuisibles aussi bien au déroulement des enquêtes qu'à leur compréhension par l'opinion publique.
L'affaire Lagarde-Tapie est à cet égard symptomatique. La CJR enquête sur le rôle joué par l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde, dans la procédure d'arbitrage qui permit à Bernard Tapie d'obtenir, en 2008, 405 millions d'euros pour solder son conflit avec le Crédit lyonnais. ».


2. La Déclaration devant le Congrès.

Cette mesure a une double vocation à caractère positif.
a.    Parce qu’elle se déroule au palais de Versailles, fort lieu symbolique où la France fut humiliée (en 1870), mais où les fastes superficiels furent de mise avec la légende qui va avec (voir l’exposition récente au musée des Armées sur 1870, la défaite de Sedan et la Commune, printemps-été 2017, à Paris).

b.    Ici, les fameux fastes retrouvent leur simplicité pour n’être plus constitués que des représentants de la Nation. Il s’agit d’un message à connotation historique qui montre que la France reprend les choses en main (pourquoi pas un jour en tant qu’instigateur de l’organisation des pays indépendants et autonomes, ou du nouvel alignement monétaire par rapport à une place privilégiée peut être mal aiguillée dans le cadre de son adhésion à l’union monétaire européenne où l’hégémonie allemande est aujourd’hui contestée ?


c.    Parce qu’elle a le mérite de permettre que s’opère enfin une distinction importante entre le rôle du premier ministre et celui du président de la république. En effet, si le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation (article 20), ce n’en est pas moins le président de la République qui l’ouvrant, par son projet présidentiel aux élections du même nom au suffrage universel direct, en définit les grandes lignes à moyen terme, tout comme nous le proposons dans notre projet de constitution (Pour une nouvelle Constitution par Noura Mebtouche avec le projet sénatorial sur 9 ans auquel adhère le choix du projet présidentiel sur trois ans).
Comme le disait justement le Général de Gaulle lors de sa conférence de presse du 31 janvier 1964 (Libération, article du vendredi 4 août, interview de Dominique Rousseau, constitutionnaliste par Nathalie Raulin) : « IL ne saurait y avoir de séparation étanche entre les deux plans, dans lequel d’une part, le président d’autre part, celui qui seconde exercent quotidiennement leurs attributions…parfois les deux plans sont confondus quand il s’agit d’un sujet dont l’importance engage tout, et, dans ce cas, le président procède à la répartition comme il le juge nécessaire ». Certes, et dans ce cadre, Emmanuel Macron a raison de présenter son discours le jour d’avant le premier ministre, et même d’envisager de pérenniser cette habitude chaque année afin de rassurer les parlementaires, la Nation, et de lui rappeler le projet français à long terme, mais je pense néanmoins que cette habitude doit marquer la différence entre les rôles respectifs président de la République et du premier ministre.
 Le premier, à la fois représentant de la pérennité des institutions derrière l’alternance, fait du long terme, et assure l’équilibrage nécessaire des pouvoirs tout en étant le représentant direct de la Nation sur une période longue, le deuxième, garant de l’efficacité et de la mise en concrètude de la politique ainsi définie agit dans une perspective de court à moyen terme et de prospective, afin de garantir l’existence d’un pouvoir exécutif efficace. Dans les cas de crise grave, effectivement le président de la République au nom du programme pour lequel il a été élu mais également au nom de sa fonction constitutionnellement établie, joue un rôle plus marquant et peut dans ce cas, épauler de très près le travail du gouvernement en coopération avec le premier ministre.
Loin de confondre le rôle du président et celui du premier ministre, voire d’atténuer l’importance du deuxième par rapport à l’autre cette nouvelle mesure bien au contraire tend à corriger un défaut de la cinquième république atteignant des proportions importantes sous les quinquennats Sarkozy et Hollande, celui de faire du président de la République un sur-premier ministre aux pouvoirs exorbitants, et du premier ministre son valet (peut être cette tendance avait-elle commencé bien plus tôt, sous les débuts mais en étant moins voyante).
Ici, les deux fonctions sont distinctes, l’exécutif qui agit mis en avant par un renforcement de l’image du premier ministre comme coordinateur d’une équipe et l’affirmation d’une présidence qui cautionne ce dernier sous la houlette du parlement (représenté symboliquement ici par le Congrès recevant les deux hommes l’un après l’autre : le premier pour une nouvelle forme de mesure visant à accueillir un discours désormais annuel (et nous sommes pour une constitutionnalisation de cette mesure), s’adressant à ces derniers en tant que père de la Nation, le deuxième ne faisant qu’exécuter une mesure devenue une tradition, la fameuse déclaration de politique générale.
 Il n’en faudra pas moins pour rassurer nos parlementaires et les mettre chaque année dans le vent des mesures à venir, et à réconcilier les pouvoirs exécutif et législatif derrière lesquels se profile à nouveau le droit (histoire de rappeler que nous sommes un Etat de droit), sous les auspices d’un esprit de la Constitution enfin retrouvé (il ne manquera plus que d’y mettre en valeur cette institution récente dans notre histoire certes, mais amenée à jouer un rôle important en tant que protecteur de notre constitution, derrière la personne du président de la République qui en est le garant. Or, à propos du pouvoir judiciaire, rappelons, le dans la hiérarchie de l’ordre juridique, c’est d’abord la constitution qui prime puisqu’elle constitue le terreau favorable à l’expression de nos droits.
Il y a donc tout lieu de penser que nous allons enfin dans le sens d’un respect de nos règles constitutionnelles, ce qui laisse augurer quelque chose de positif à propos de nos capacités un jour sur ces bases saines précédemment affirmées à en mettre en place une nouvelle plus adaptée aux temps, mais qui n’en reste pas moins fidèle à l’esprit de la précédente.


3. Les procédures de mise en place de la confiance des citoyens envers l’action publique.
-Ce qui nous amène à penser à la troisième mesure positive depuis ces dernières présidentielles, celle visant à mettre en place deux projets de loi dont le but à mettre en place la confiance dans l’action publique, un intitulé qui ressemble fort à notre idée (Pour une nouvelle constitution) de mettre davantage en valeur le rôle de protection de la fonction publique actuellement dévolu au conseil d’Etat en en faisant une commission indépendante.


4. Davantage d’ouverture pour l’organisation des collectivités locales pour une atténuation de la perspective jacobine de l’Etat.

Même chose pour davantage de souplesse dans l’organisation des administrations locales et de leurs configurations multiples mais s’adaptant à tous les territoires.
Cela ouvre la porte, sans remettre en cause la règle constitutionnelle en la matière, ni l’unité de l’Etat représenté par les préfets de région et de département à des configurations telles que les villes phares ou la construction des pays qu’évoque mon projet de constitution, tout en permettant aux métropoles, régions, départements (que nous souhaiterions voir remplacés par la coopération intercommunale à terme, pour ce degré de décentralisation) d’évoluer en fonction de leurs capacités et de leurs spécificités et caractéristiques territoriales. Cela peut ouvrir la porte vers davantage d’ouverture aux territoires voisins pour renforcer les deux unions ainsi qu’à une perspective économiste territoriale et non plus uniquement macroéconomique pour le développement non seulement de nos territoires à nous mais aussi ceux de notre voisinage.

5. Un Parlement rénové.
Cet article résume très bien l’essentiel des mesures qui vont toucher au Parlement français lors des réformes à venir. Toutes vont dans le sens, de la conception de l’activité législative et de son organisation que je développe dans mon propre projet de Constitution avec un seul Sénat (assemblée unique), composé uniquement de 333 sénateurs dont l’organisation (l’agora délibérative qui pour moi doit être un cercle et non pas un hémicycle pour mieux marquer la réconciliation des français entre eux et l’idée d’une classe politique française formée de courants complémentaires et non antagonistes pour atténuer l’effet de blocage mais aussi pour mettre en avant l’émergence d’une nouvelle « Union sacrée » comme en 1914, mais aussi dans la partie immergée de cet iceberg, l’existence des grandes commissions sénatoriales mêlant comme dans le commissariat au plan de De Gaulle toutes les têtes pensantes et porteuses de savoir-faire de la République : élus, experts, intellectuels, citoyens, associatifs).
De quoi être compétent, efficace et rapide, pour mettre fin au régime d’assemblée et de partis et enfin contrer la fâcheuse tendance du pouvoir exécutif à se substituer au peuple.
Localtis,4/07/2017."Efficacité", "représentativité", "responsabilité" : tels seraient les trois "principes" devant dicter cette transformation institutionnelle dont les principaux éléments étaient déjà connus.
Poupées Ashanti, masculin et féminin sont,
 pour être efficaces, complémentaires (Ghana).

Au rayon efficacité, il s'agit notamment de lutter contre la "prolifération législative", la loi étant "faite pour encadrer les évolutions profondes". "Légiférer moins" permettra de "mieux allouer le temps parlementaire" afin de renforcer le rôle de "contrôle" et d'"évaluation", de "suivre l'application d'une loi dans le temps". Et Emmanuel Macron de proposer qu'une "évaluation complète de tous les textes importants (...) soit menée dans les deux ans suivant leur mise en application", n'excluant pas la possibilité de passer également au crible certaines lois "plus anciennes" pour, éventuellement, les "abroger". Il a également suggéré que la navette parlementaire puisse être plus rapide et que les parlementaires puissent, "dans les cas les plus simples, voter la loi en commission", reprenant sur ce point une proposition de l'ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas.
Cette "efficacité" devra également être celle de l'exécutif. "Tous les ans, je reviendrai devant vous", a-t-il prévenu. De même, du côté du gouvernement, chaque ministre devra lui aussi "rendre compte chaque année" de la façon dont il aura rempli ses objectifs. Des ministres, a-t-il rappelé, qui doivent désormais s'appuyer sur des cabinets comptant un maximum de dix membres mais peuvent compter sur le "renouvellement des directeurs d'administration". Sans oublier "une administration plus déconcentrée qui conseille plus qu'elle ne sanctionne, qui innove et expérimente plus qu’elle ne contraint (...), qui doit redonner à tous les territoires les moyens d’agir et de réussir."
Autre élément saillant : la volonté de réduire d'un tiers le nombre des députés et des sénateurs(respectivement 577 et 348 aujourd'hui), qui verraient en revanche leurs moyens renforcés. "Un Parlement moins nombreux, (...) c’est un Parlement où le travail devient plus fluide, où les parlementaires peuvent s’entourer de collaborateurs mieux formés et plus nombreux", a justifié le président. Une telle réduction, qui était préconisée par la plupart des candidats à la présidentielle, ne nécessite pas de révision constitutionnelle et est souvent présentée comme la conséquence logique de l'entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats. Un cumul qu'Emmanuel Macron veut d'ailleurs voir limité dans le temps, a priori à trois mandats successifs. "Il s’agit là de la clef de voûte d’un renouvellement qui (...) deviendra le rythme normal de la respiration démocratique. Les parlementaires verront dans leur mandat une chance de faire avancer le pays et non plus la clef d’un cursus à vie", a-t-il déclaré, y voyant une réponse au principe d'une meilleure "représentativité". La réduction du nombre de députés rendra évidemment nécessaire un redécoupage des circonscriptions d'autant plus qu'Emmanuel Macron a confirmé l'introduction d'une dose de proportionnelle pour le prochain scrutin prévu en 2022 afin que "toutes les sensibilités soient justement représentées. Reste à fixer le niveau de la "dose" en question.".

6. Le Cese, "instance unique de consultation" Voir commission sénatoriales, rappeler les idées du Général de Gaulle.
Encore une idée intéressante qui ressemble elle aussi à celles mises en avant dans la formation du commissariat général au plan de De Gaulle avant que ce dernier ne soit abandonné.
Localtis,4/07/2017.
« Egalement concerné par la réduction d'un tiers de ses membres, autre "institution que le temps a figée" : le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Le chef de l'Etat compte "revoir de fond en comble" ses règles de représentativité. "Sa mission était de créer entre la société civile et les instances politiques un trait d’union, fait de dialogue constructif et de propositions suivies d’effets. Cette intention fondatrice s’est un peu perdue", a-t-il déclaré avant de souhaiter que le Cese devienne "la Chambre du futur, où circuleront toutes les forces vives de la nation". Et devienne "le carrefour des consultations publiques" et même "l'instance unique de consultation", sans que l'on sache si cela se traduira effectivement par la suppression d'autres instances existantes.
Il est en outre prévu que "le droit de pétition soit revu" afin que "l’expression directe de nos concitoyens soit mieux prise en compte et que les propositions des Français puissent être présentées à la représentation nationale".


7. Militaire : attention à l’intégrité et à l'indépendance de la Nation.
J’ai gardé cette mesure-là, pour la fin car c’est la seule avec laquelle je ne suis pas d’accord.
Enfin : concernant le militaire, il semble ici que des choix délicats aient été faits. Ces derniers pourraient nous conduire à nous voir imposer un jour l’idée d’une armée européenne (mise en avant par ailleurs il y a quelques années par Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères.
Or, cette dernière optique pourrait être dangereuse pour l’intégrité de la Nation, dans un contexte européen mouvant, parfois contesté, il ne semble pas que ce soit une bonne idée, elle va à l’encontre de l ‘idée d’une France ouverte aux cultures et au monde et va dans le sens d’une construction de grands blocs hégémoniques au niveau mondial, se concurrençant et donc non pas vers une mondialisation pacifique. Cela n’exclut pas la coopération entre Etats d’Europe notamment en matière de dissuasion nucléaire (pour arriver à un démantèlement final, voir mon article du même nom sur ce blog).
Ni en matière de coopération ou de mutualisation des moyens nécessaire dans les domaines du renseignement, de la recherche ou encore de l’entraide possible pour constituer à la fois un paravent contre l’hégémonie de l’Otan en restant néanmoins, au cœur des forces occidentales tout en s’ouvrant à l’extérieur au nom de la France, (là encore, la politique définie par le Général de Gaulle reste la seule règle possible en la matière).
Par ailleurs, le contexte international actuel ne laisse pas envisager qu’il faille affaiblir l’armée française, même pour des raisons liées aux finances publiques, c’est même un des derniers secteurs à affaiblir.
Plutôt que de choisir un ministre comptable, on aurait eu tout avantage à garder un ministre stratège, qui sait écouter les spécialistes et leurs conseils de vieux routards de l'action défensive et anticipatrice.

Par Noura Mebtouche